DECLARATION SUR LA QUESTION DE L'AZAWAD ET APPEL A LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE




La déclaration est ici traduite en anglais, et il y a un commutateur de langue pour la traduction automatique en arabe en haut à droite de la page :


RESPONSABLE DE L'ADMINISTRATION ET DES BUREAUX RÉGIONAUX

Déclaration sur la question de l'Azawad et appel à la reconnaissance internationale.

Nous saluons le courage de la communauté internationale, en particulier celui des pays européens - la France en tête - qui ont reconnu l'Etat de Palestine lorsqu'ils ont compris qu'Israël menait une politique d'extermination et d'annexion coloniale. Nous saluons également l'Algérie, dont l'engagement en faveur de la cause palestinienne ne s'est jamais démenti.

En tant qu'Azawadien, je rappelle que mon peuple a subi des guerres, des répressions et des injustices sur sa terre ancestrale depuis 1893. A l'époque des indépendances africaines, l'Azawad a été injustement annexé au Mali, sans consultation de son peuple, en violation du principe d'autodétermination des peuples consacré par l'article 1 de la Charte des Nations Unies (1945) et confirmé par l'article 1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966). 

Pour rappel, quatre rébellions armées ont caractérisé la résistance azawadienne à l'oppression malienne, ainsi que quatre accords signés et violés par Bamako, creusant un peu plus le fossé de la méfiance.

Depuis plus de six décennies, les populations de l'Azawad n'ont cessé de tendre la main à Bamako pour obtenir une paix juste, mais toutes leurs tentatives ont été vouées à l'échec :

1963 : Révolte touareg réprimée dans le sang, avec des milliers de civils massacrés dans l'Adrar des Ifoghas et le Gourma.

1991-1992 : Signature du Pacte national entre le gouvernement malien et les mouvements de l'Azawad, prévoyant l'autonomie et le développement du Nord.

Ce pacte n'a jamais été mis en œuvre.

2006 : Accords d'Alger, signés sous les auspices de l'Algérie, prévoyant l'intégration, la décentralisation et l'investissement pour le Nord. Ces engagements ont été ignorés par Bamako ;

2013 : Accord de Ouagadougou, dont le cessez-le-feu n'a jamais été respecté par la partie malienne.

2015 : Signature de l'accord de paix et de réconciliation (accord d'Alger) entre le gouvernement malien et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA).

Dix ans plus tard, Bamako n'a respecté ni la régionalisation, ni l'armée reconstituée, ni le développement promis.

Ces violations répétées démontrent clairement que l'État malien n'a jamais eu la volonté politique d'accepter une coexistence pacifique et équitable avec les populations de l'Azawad.

Massacres et exactions contre les Azawadiens :

Depuis 1963, les Touaregs et les autres populations de l'Azawad subissent des massacres systématiques :

Exécutions sommaires, déportations et famines organisées (1963-1964).

Massacres de civils dans les années 1990 (Ménaka, Tessalit, Gao).

Massacres de 2012-2013, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, dont les civils azawadiens ont été les principales victimes.

2023-2025 : Crimes de guerre commis par les Forces armées maliennes (FAMa) appuyées par les mercenaires de Wagner/Africa Corps, responsables de la mort de milliers de personnes et de centaines de milliers de personnes contraintes à l'exil.

Base juridique de notre demande

La reconnaissance de l'Azawad s'inscrit dans le cadre de :

Le droit des peuples à l'autodétermination (Charte des Nations unies, résolution 1514 (XV) de 1960 sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux).

Le droit de résister à l'oppression, consacré par l'article 20 de la Déclaration universelle des droits des peuples d'Alger (1976).

Principes de la Cour internationale de justice (avis de 2010 sur le Kosovo), qui a confirmé que la déclaration d'indépendance d'un peuple n'est pas contraire au droit international.

Appel à la communauté internationale

Nous appelons la France, l'Algérie, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, la Côte d'Ivoire, le Tchad et tous les pays qui ont contribué au processus de paix au Mali à reconnaître l'échec irréversible de l'Etat malien et à soutenir la reconnaissance de l'Etat de l'Azawad.

L'ONU, à travers la MINUSMA, n'a pas su protéger la population et a quitté le pays, laissant derrière elle un peuple martyr. Aujourd'hui, seule la reconnaissance de l'Azawad en tant qu'Etat souverain peut garantir la stabilité et la paix au Sahel.

La cause de l'Azawad est similaire à celle de la Palestine : un peuple privé de son droit à l'existence, confronté à la violence d'un État oppresseur et à l'indifférence du monde.

Nous appelons donc les pays du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest, ainsi que la France et l'Union européenne, à assumer leur responsabilité historique et à porter devant les Nations Unies la reconnaissance de l'Etat de l'Azawad.

Tinzawatene, 23 septembre 2025

Responsable des bureaux administratifs et régionaux

M. Abdoul Karim AG MATAFA