
Une étude de cas par Rania Hadjer
L'ETHNOCIDE DES TOUAREGS, DES ARABO-TOUAREGS ET DES FULANIS DE L'AZAWAD :
Quand la propagande déshumanise pour légitimer l’inacceptable.
Dans le cas de l’Azawad, le problème n’est pas seulement la violence exercée, mais aussi son acceptabilité devant l’opinion publique. Comme l’ont montré d’autres tragédies à travers l’Histoire, un ethnocide ou un génocide devient possible lorsqu’il est martelé que les victimes ne sont pas dignes d’empathie..
Ce mécanisme, au cœur de la propagande, se retrouve aussi bien au Rwanda en 1994, qu’en Europe lors de la Shoah, dans la colonisation des Amériques, et dans le contexte contemporain de la Palestine.
Au Mali et dans l'Azawad, la propagande officielle a joué un rôle majeur dans la création d'une image collective : celle de populations qualifiées de “rebelles”, “traîtres”, “terroristes” ou “alliées des terroristes”.
Cette construction discursive permet d’occulter la réalité :discriminations, marginalisation économique et politique, ainsi que les violences subies par ces communautés.
Par conséquent, des atrocités qui devraient susciter l'indignation sont légitimées, car les victimes sont vues comme des “ennemis de l’intérieur”.
L’ethnocide ne se manifeste pas seulement par la force des armes, mais aussi par une idéologie qui dépouille ces groupes de leur humanité aux yeux du reste de la nation.
1- LA PROPAGANDE COMME OUTIL DE LÉGITIMATION
La propagande repose sur plusieurs mécanismes récurrents :
- DéshumanisationCette logique réduire les victimes à des catégories animales ou criminelles, niant leur dignité humaine. Hannah Arendt soulignait que cette logique s'inscrit dans la “banalité du mal” : des actes extrêmes deviennent normaux lorsque les victimes ne sont plus considérées comme des semblables.
- Blâme des victimes: la violence est présentée comme une réponse “légitime” aux menaces. Les populations touarègues sont accusées d’être responsables de leur propre marginalisation ou d’être complices des groupes armés ou pire encore d’avoir “un enclin naturel à la violence ”.
- Invisibilisation :le silence médiatique et l’absence de mémoire institutionnelle effacent la souffrance des victimes. Comme l’explique Pierre Bourdieu, la “violence symbolique” agit lorsque l’injustice devient invisible et intériorisée.
Ces procédés permettent de neutraliser l’empathie.
La société, conditionnée à percevoir certaines vies comme moins précieuses, ne réagit pas à leur destruction ou encore pire, les approuve. L'examen de ces mécanismes met en évidence une constante : aucune violence de masse ne peut être acceptée sans un travail préalable de déshumanisation.
2- COMPARAISON AVEC D'AUTRES TRAGÉDIES HISTORIQUES ET CONTEMPORAINES
Rwanda, 1994
Le génocide des Tutsis est un exemple bien connu du pouvoir de la propagande. La Radio Mille Collines a déshumanisé les Tutsis en les qualifiant de “cafards” à exterminer. Ce type de langage a créé un climat où le meurtre n'était plus perçu comme un crime, mais comme une forme de “protection” de la nation.
Amérindiens
Lors de la colonisation des Amériques, les peuples autochtones étaient décrits comme des “sauvages” à civiliser, ce qui a servi de justification à leur extermination culturelle et physique. Une fois de plus, la négation de leur humanité a ouvert la voie à l'ethnocide.
La Palestine aujourd'hui
La guerre Israël-Palestine est un exemple contemporain de ce phénomène. Des responsables politiques israéliens, comme Benjamin Netanyahu, ont utilisé un langage déshumanisant, assimilant les Palestiniens à des “animaux humains” ou à une “menace existentielle”. Ce type de rhétorique prépare le terrain à l’acceptabilité d’une destruction de masse, en présentant la souffrance palestinienne comme une conséquence inévitable relevant de la défense nationale.
La propagande joue sur la peur, la diabolisation et la négation de l’humanité des victimes.
3- L'ABSENCE D'EMPATHIE COMME CONDITION D'ACCEPTABILITÉ
Jacques Sémelin, dans ses recherches sur la propagande génocidaire, met en lumière le rôle crucial de l'imagination collective, façonnée par le discours. Quand un groupe humain est perçu comme une menace abstraite plutôt que comme des individus réels, l'empathie disparaît.
Dans le cas des Touaregs et Arabo-Touaregs, tout comme celui des Tutsis, ou des Palestiniens : la destruction ne choque pas, car les victimes ont d'abord été symboliquement effacées. Ce n'est pas seulement une lutte pour des territoires ou des pouvoirs, mais une guerre de sens : celle qui détermine qui mérite d'être pleuré et qui ne le mérite pas.
L'ethnocide ne se limite pas à une question militaire ; c'est avant tout un processus symbolique.
Hier, sur la publication où je relayais la mort de cinq civils, dont trois femmes et deux enfants,tués par une frappe de drone à Kidal, quelqu’un a commenté : « Bravo l’armée malienne » félicitant donc les FAMa pour l’assassinat d’innocents.
Ma première réaction fut de répondre de manière virulente à ce cynisme insoutenable. Mais je me suis ravisée en me disant qu’il serait plus productif de théoriser cette réaction épidermique et inhumaine, et d’en faire un cas d’étude.
Car ce commentaire n’est pas une aberration isolée ; il est le produit direct de ces mécanismes de propagande et de déshumanisation.
Ce que je lis dans ce « bravo », c’est l’écho du même processus par lequel des vies deviennent invisibles, des morts deviennent méritées, et où l’empathie est remplacée par une satisfaction morbide..
Autrement dit, ce commentaire est le symptôme concret de la manière dont une opinion publique, travaillée par un discours de haine, en vient à applaudir un ethnocide.
Plus d'exemples dans les captures d'écran ci-dessous 👇🏻

NOTE - Ce qui est décrit dans cette excellente étude de cas de Rania Hadjer est la réalité passée et présente de la politique malienne depuis sa création par la France en 1960. La propagande mensongère de l'État malien est tellement ancrée dans l'esprit de l'opinion publique malienne qu'elle a a perdu toute trace d'empathie humaine de l'Azawad, car les autorités maliennes ont dépeint tous les Azawadiens comme des victimes de la guerre. de ces ethnies spécifiquesIls sont considérés comme une cible terroriste, ce qui n'est pas le cas en réalité.
Et le fait que les autorités maliennes ne ciblent pas et n'envoient pas de drones sur les vrais terroristes qui brûlent maintenant le sud et le centre, mais qu'elles ciblent et tuent des femmes et des enfants azawadiens sans défense dans des tentes loin dans le nord ne le prouve-t-il pas ?
Ils exercent un contrôle autoritaire sur un territoire injustement cédé par un ancien colonisateur, au mépris des populations qui y vivaient déjà (depuis des millénaires). Cédée par la force sans le consentement du peuple azawadien.
Ensuite, la tentative en cours de effacer leur identité, mémoire collectiveIl s'agit d'un génocide physique, d'un génocide culturel et d'un génocide ethnique. Il s'agit d'un génocide physique, d'un génocide culturel et d'un ethnocide !
Sur quoi se base-t-elle ? C'est de la haine et du racisme à l'état pur. Et le fait qu'ils veulent la terre mais pas son peuple, et faire un remplacement ethnique une fois que les habitants originaux auront été exterminés.
Mais les Azawadiens y vivaient bien avant la création de l'État artificiel du "Mali".
Il s'agit donc d'une question de décolonisation qui n'a jamais été résolue. Les violations systématiques et continues constituent une violation flagrante des principes fondateurs de l'Union européenne. Nations Unies et le Union africaine et de droits de l'homme.
Tant que les Azawadiens seront privés de leur humanité et de leur droit d'exister sur leur terre, il ne sera jamais possible pour le Mali et l'Azawad de coexister. La seule solution juste et équitable est l'indépendance de l'Azawad.
Groupe de Soutien l`Azawad
20-09-25